À l’achat, l’or d’investissement est exonéré de TVA. C’est à la revente que la fiscalité entre en jeu. En France, deux régimes coexistent — et le choix dépend surtout d’un détail : avez-vous conservé votre facture d’achat ?

Cet article présente le cadre général en vigueur en 2026. Les taux et règles peuvent évoluer : vérifiez toujours les textes officiels (impots.gouv.fr, service-public.fr) et, pour votre situation, rapprochez-vous d’un professionnel.

Deux régimes à la revente

Quand vous revendez de l’or physique (lingots, pièces), le gain éventuel peut être imposé de deux façons :

  1. la taxe forfaitaire sur les métaux précieux (TFMP), assise sur le prix de vente ;
  2. le régime de la plus-value sur les biens meubles, assis sur le gain réalisé, accessible uniquement si vous pouvez justifier le prix et la date d’achat.

Vous ne cumulez pas les deux : selon votre situation, l’un s’applique par défaut, l’autre sur option.

La taxe forfaitaire (TFMP)

C’est le régime par défaut, notamment quand vous n’avez pas de facture d’achat. Elle s’élève à 11,5 % du prix de vente total (11 % + 0,5 % de CRDS). Elle s’applique sur le montant encaissé, indépendamment du fait que vous ayez réalisé un gain ou une perte.

Son avantage : la simplicité, et l’absence de justificatif d’achat requis. Son inconvénient : elle taxe le prix de vente entier, même si votre plus-value réelle est faible.

Le régime de la plus-value

Si vous justifiez le prix et la date d’acquisition (typiquement, votre facture d’achat), vous pouvez opter pour l’imposition de la plus-value réelle — la différence entre le prix de vente et le prix d’achat.

Depuis le 1er janvier 2026, cette plus-value est taxée à 37,6 %. Mais le régime prévoit un abattement pour durée de détention :

  • 5 % par an à partir de la 3e année de détention ;
  • ce qui conduit à une exonération totale au bout de 22 ans.

Concrètement, plus vous détenez longtemps, plus la base imposable diminue, jusqu’à disparaître.

Quel régime est le plus avantageux ?

Il n’y a pas de réponse universelle : le régime de la plus-value n’est pas automatiquement plus favorable que la taxe forfaitaire. Tout dépend du prix d’achat, du gain réalisé et de la durée de détention. Sur une détention courte avec une forte plus-value, la TFMP peut être plus intéressante ; sur une détention longue, l’abattement du régime de la plus-value pèse lourd. Le calcul se fait au cas par cas.

L’importance de conserver ses factures

C’est le point le plus concret : sans facture d’achat, vous perdez la possibilité d’opter pour le régime de la plus-value, et donc de profiter des abattements pour durée de détention. Conservez systématiquement une facture nominative détaillée (poids, titre, date, prix) au moment de l’achat.

Et à l’achat ?

Rappel utile : l’or d’investissement est exonéré de TVA à l’achat (article 298 sexdecies A du CGI), contrairement à l’argent, au platine ou au palladium, dont le prix intègre une fiscalité qui les renchérit. Voir notre article sur l’achat d’or physique.

En bref

À la revente, l’or relève soit de la taxe forfaitaire (11,5 % du prix de vente, sans justificatif), soit — sur justificatif d’achat — du régime de la plus-value (37,6 % depuis 2026, avec abattement de 5 %/an dès la 3e année et exonération à 22 ans). Conserver ses factures est ce qui ouvre le second régime. Aucun des deux n’est systématiquement meilleur : c’est un calcul individuel.

Questions fréquentes

Paie-t-on des impôts en achetant de l’or ? Non : l’or d’investissement est exonéré de TVA à l’achat. La fiscalité intervient à la revente.

Que se passe-t-il si je n’ai pas de facture ? Vous relevez de la taxe forfaitaire sur le prix de vente (11,5 %) et ne pouvez pas opter pour le régime de la plus-value ni ses abattements.

Au bout de combien de temps l’or est-il exonéré ? Dans le régime de la plus-value, l’abattement de 5 % par an à partir de la 3e année aboutit à une exonération totale après 22 ans de détention (sur justificatif).

Ces taux peuvent-ils changer ? Oui, la fiscalité évolue régulièrement. Vérifiez les taux en vigueur sur les sources officielles avant toute décision.


Comparor est un comparateur de prix indépendant, pas un conseiller financier ni fiscal. Cet article est fourni à titre informatif, ne constitue pas un conseil personnalisé, et ne remplace pas la consultation d’un professionnel ni des textes officiels.